Almanach Hachette - Petite encyclopédie populaire
OBJET APOLLINARIEN : MATÉRIAU BRUT À L’ORIGINE DE SA POÉSIE.
APOLLINAIRE LECTEUR DE VERLAINE
ÉDITION ORIGINALE
In-12 (190 x 124mm)
ANNOTATIONS AUTOGRAPHES D’APOLLINAIRE :
- sur l’un des premiers feuillets non paginés, au crayon à papier : “bleu d’outremer no 2 [bleu] cobalt vert émeraude ocre jaune”
- page 13, au crayon à papier : “2+”
- page 17, à l’encre brune : “pouce 12-3 relevés index 12-1 majeur 10-4 annulaire 10-3 auriculaire 11-1”
- pages 40 et 41, à l’encre brune et au crayon, divers comptes avec indication des noms suivant : “Danoise”, “Thaulow”, “de Mouy”, “J. Reinach”, “Levy”, “Nozières”
- pages 46, 49 et 205 au crayon : trois petits dessins
- page 216, à l’encre brune : “Ô la femme à l’amour câlin et réchauffant / Douce, pensive et brune et jamais étonnée / Et qui parfois vous baise au front / comme un enfant”
RELIURE DE L’ÉDITEUR. Chagrin vert, titraison dorée et devise emblématique de l’éditeur au centre du plat supérieur, dos long, tranches dorées. Chemise, étui
Guillaume Apollinaire emprunte à Paul Verlaine les trois vers qu’il note à la page 216 de son almanach. Ils forment le tercet final du poème “Vœu”, des Poèmes saturniens. Apollinaire fut un grand lecteur de Verlaine dont on retrouve le ton élégiaque et le claudiquement des vers dans de nombreux poèmes d’Alcools, comme Les Colchiques ou Rhénane d’automne.
En 1901, Apollinaire, âgé de vingt-et-un ans, vient de s’installer à Paris. Pour gagner sa vie, il passe un diplôme de sténographie et devient employé de banque. Il publie ses trois premiers poèmes signés Wilhelm Kostrowiztky, dans la revue La Grande France. En août, il s’éprend d’Annie Playden, en Rhénanie.
L’almanach, en tant que “petite encyclopédie populaire”, est en soi un objet apollinarien : il y trouve la matière prolixe du monde moderne, mêlant indicatifs téléphoniques, langage dactylographique, cours du tabac, géographie, histoire des civilisations, hypnose, dictionnaire orthographique etc. La nouveauté d’Apollinaire sera de convoquer cette prose du monde dans ses poèmes.
