Carte postale autographe signée “Wilhelm”, adressée à Marie Laurencin
GUILLAUME À MARIE : LE PONT ET LA SEINE.
EXEMPLAIRE D’APOLLINAIRE
Carte postale autographe signée (89 x 141mm), à l’encre violette. Cachet postal en partie effacé : “St Germain. Août 11”
TRANSCRIPTION : “Wilhelm” [signature seule]
ADRESSE :
“À Mademoiselle
Mademoiselle Marie Laurencin
51 Bd de la Chapellle
Paris”
ILLUSTRATION de la carte-postale : reproduction colorisée d’une vue intitulée “Chatou - Le Vieux Quartier - Le Pont de la Seine”
PROVENANCE : Marie Laurencin -- archives de Guillaume Apollinaire -- puis sa femme, Jacqueline Apollinaire (1891-1967), qui les conserva jusqu’à sa mort dans leur appartement au 6e étage du 202 boulevard Saint-Germain (Paris, 31 mars 2011, lot 36)
Le choix de signer cette carte de son prénom Wilhelm et non pas de son pseudonyme Apollinaire signifie pour Apollinaire la préférence de la sphère intime à la figure littéraire. Sa propre mère ne l’appelait pas autrement que Wilhelm. Quant aux déclarations d’amour d’Apollinaire (et non plus de Wilhelm) à Marie, elles trouveront place dans les nombreux poèmes d’Alcools dont elle fut l’inspiratrice. La Seine, le personnage au bord de l’eau et le pont représentés sur cette carte postale constituent des motifs essentiels de la poésie d’Apollinaire. Le Pont Mirabeau et Marie parurent en 1912 dans Les Soirées de Paris avant de figurer dans Alcools :
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas”
(“Marie”, Alcools)
Quand fut écrit cette carte postale à Marie Laurencin ? À partir du 11 août 1911, Apollinaire fait un séjour dans la Somme, au Bois-de-Cise. Le 25 août la Joconde sera volée au Louvre, et Apollinaire sera incarcéré cinq jours à la Santé. Cette carte fut donc écrite dans les dix premiers jours d’août 1911, depuis Chatou probablement (le cachet postal indique “St Germain”). Apollinaire aimait ce coin de la région parisienne. Sa mère s’était installée au Vésinet en janvier 1904. Elle avait transformé la villa de deux étages en tripot avec pas moins de quatre tables à jeu et un énorme billard. Les amis d’Apollinaire, plus ou moins terrorisés par le caractère d’Angelica, au prénom trompeur, venaient régulièrement chercher un sac de victuailles chez elle. Elle déménagea à Chatou, en 1912 où elle vécut jusqu’à sa mort en 1919.
Victor Martin-Schmets, Apollinaire. Correspondance générale, 1, Paris, 2015, n° 345, p. 400


