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Chatterton. Drame
BEL ENVOI DE VIGNY À LA DUCHESSE DE MAILLÉ, L’UNE DES GRANDES FIGURES FÉMININES DES DEUX RESTAURATIONS ET PROCHE AMIE DU POÈTE
ÉDITION ORIGINALE
In-8 (215 x 135mm)
ILLUSTRATION : remarquable frontispice lithographié en noir d’Édouard May
ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ :
à Madame la Duchesse
de Maillé
témoignage d’un sincère dévouement
Comte Alfred de Vigny
Mars 1835
ANNOTATIONS : deux corrections autographes, au crayon, de la main de Vigny, pages 7 & 179
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Dos lisse de veau brun, orné et doré, tranches jaspées
PROVENANCE : Blanche-Joséphine Le Bascle d’Argenteuil (1787-1851), duchesse de Maillé -- Conrad, quatrième marquis d’Osmond (ex-libris armorié) : Jacquelin de Maillé (1815-1874), troisième duc de Maillé, fils de Blanche-Joséphine, avait en effet épousé Jeanne d’Osmond (1827-1899), sœur du marquis Rainulph d’Osmond (1829-1891), qui eut un fils, Conrad d’Osmond (1855-1904), mort sans héritier -- son neveu : André Le Caron, baron de Fleury (1863-1946 ; ex-libris armorié), époux de Marie de Maillé (1866-1939), fille de Jeanne de Maillé, née Osmond (voir précédemment)
Chatterton est l’un des chefs-d'œuvre du théâtre romantique, créé à la Comédie Française le 12 février 1835 avec Marie Dorval, la maîtresse de Vigny, dans le premier rôle féminin.
Blanche-Joséphine Le Bascle d’Argenteuil épousa en 1811 Charles de Maillé de La Tour-Landry (1770-1837), deuxième duc de Maillé, qui fut l’un des grands personnages de la cour des Bourbons sous la Restauration. La duchesse de Maillé était Dame d’honneur de l’extravagante duchesse de Berry. Au Faubourg Saint-Germain, elle tenait un salon prestigieux et recevait Vigny - et non Balzac. Ses mémoires, intitulés Souvenirs des deux Restaurations ont été publiés en 1984. Alfred de Vigny la cite dans une lettre à la marquise de Lagrange (10 novembre 1842). Le poète lui dédie certains de ses vers avant 1830 (“Le Livre de Dieu”) et lui envoie un long poème en la disant “châtelaine” :
“De quel astre, ô Châtelaine,
Votre œil suit-il le déclin :
L’astre d’amour ou de peine
D’un prince ou d’un orphelin
Est-ce l’astre d’une reine ?
L’étoile d’un Châtelain”.
Elle fut aussi en correspondance avec Vigny : neuf lettres datées du 2 mai 1842 au 28 mai 1850 ont été publiées par Albert de Luppé en 1925. On sait qu’en février 1835 le duc de Maillé se rendit à la première de Chatterton, à la Comédie-Française : “je viens de voir Chatterton”, écrit-il à l’un des amis de l’auteur. Furieux du discrédit qui entourait le poète dans l’entourage de Louis-Philippe, et devant le succès de la pièce, il offrit 1500 francs et instaura un prix pour cette somme que l’Académie française décernera tous les deux ans. La duchesse de Maillé mourut au château de La Roche-Guyon le 10 septembre 1851 lorsque, “assise au foyer de sa chambre, le feu prit à ses vêtements ; et lorsqu’on est arrivé, il était trop tard pour lui porter secours”. Triste fin pour une femme brillante, la même que celle de la femme de Henri Michaux.
L. Carteret, Le Trésor du bibliophile, II, p. 458 -- M. Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 275 -- Cat. Expo. Des livres rares, Paris, BnF, 1998, n° 185 (pour l’exemplaire personnel de Vigny) -- Lettres inédites de Alfred de Vigny au marquis et à la marquise de la Grange (1827-1861), éd. par Albert de Luppé, Paris, 1914, p. 106 -- le poème envoyé à la duchesse de Maillé se trouve en Rêverie, in Fantaisies, Poèmes non recueillis, Paris, Pléiade, 1993, t. I, p. 209 -- Lettres inédites d'Alfred de Vigny à la duchesse de Maillé (1842-1850), éd. par A. de Luppé, Paris, Le Correspondant, 1925 -- sur la première de Chatterton à la Comédie-Française, à laquelle assiste le duc de Maillé, cf. : https://www.google.fr/books/edition/Alfred_de_Vigny/93oqDwAAQBAJ ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22de+maill%C3%A9%22+alfred+de+vigny&pg=PT30&printsec=frontcover -- sur la mort de la duchesse de Maillé, cf. M. Pinard, Histoire, archéologie, biographie du canton de Longjumeau, Paris, 1864, p. 205