LA FONTAINE, Jean de

Fables

Paris, Desaint & Saillant, Durand, 1755-1759

MAROQUIN VERT DE L’ÉPOQUE, EXEMPLAIRE DE BERNARD MALLE

L’UNE DES ILLUSTRATIONS LES PLUS RÉUSSIES POUR L’UN DES PLUS GRANDS TEXTES LITTÉRAIRES FRANÇAIS.

"VOICI À COUP SÛR LA PLUS BELLE GALERIE DE TABLEAUX QU'UN ROI PUISSE SE VANTER DE POSSÉDER." (LOUIS XV)

PREMIÈRE ÉDITION DES ILLUSTRATIONS DE JEAN-BAPTISTE OUDRY SUR PAPIER MOYEN DE HOLLANDE

PREMIER ÉTAT, avec l'illustration de la fable "Le Singe et le léopard" sans les mots "Le Léopard" dans la banderole (t. III, p. 113)

4 volumes in-folio
COLLATION : (1) : 2 ff., XXX et XVIIIpp. XVII et XVIII mal reliées à la fin de la Vie de La Fontaine), 124 pp. (2) : 2ff., II, 135 pp. (3) : 2 ff., IV et 146 pp. (4) : 22 ff., II et 188 pp.
ILLUSTRATION : (1) : 1 gravure en frontispice, 1 portrait d’Oudry gravé par Tardieu, 70 planches, (2) : 68 planches, (3) : 68 planches, (4) : 69 planches, au total des quatre volumes 275 PLANCHES DESSINÉES PAR JEAN-BAPTISTE OUDRY

RELIURES DE L’ÉPOQUE. Maroquin vert
PROVENANCE : Albert Malle (ex-libris) -- puis, Bernard Malle

Petite restauration angulaire dans la marge intérieure de la pl. V (t. II), petite tache brune sur la pl. située en face de la p. 120 (t. iv) et quelques très rares feuillets très légèrement brunis

Cette somptueuse édition, dont l'initiative revient à Louis Regnard de Montenault, auteur de la “Vie de La Fontaine” publiée en tête, est dédiée au Roi. Outre les planches d'Oudry, l'ouvrage comporte de beaux culs-de-lampe gravés sur bois, en partie répétés, dessinés par le peintre de fleurs Bachelier et gravés par Le Sueur et par Papillon, l'auteur du Traité de gravure sur bois.

Vers 1730, Oudry entreprit ses compositions pour les Fables destinées à divers travaux officiels parmi lesquels des tapisseries. C'est en véritable peintre et en artiste très original qu'il a abordé la restitution du monde inventé par La Fontaine. Comme chez le fabuliste, la violence affleure sous le débonnaire. S'il s'attache à peindre avec exactitude les animaux, il rend aussi avec justesse les personnages de son temps, parés, perruqués et maniérés. Ses décors alternent entre le salon et la chaumière, mais celle-ci est, curieusement, toujours assez délabrée, au toit percé, aux poutres branlantes. Quand le soleil n'éclaire pas la scène, il n'y a pas de chandelles, mais de simples lampes à huile suspendues.

Les dessins furent acquis par Montenault qui, avec l'accord de l'artiste, décida de les mettre en estampes. Trop spontanés pour pouvoir être interprétés en gravure, ils furent confiés à Charles Nicolas Cochin qui fut chargé de les reproduire pour qu'ils puissent être gravés. C'est lui qui choisit la quarantaine d'artistes avec lesquels il a conduit et dirigé tout l'ouvrage. On pense que Cochin a gravé lui-même, à l'eau-forte, le frontispice qu'Oudry a spécialement dessiné pour l'édition, ainsi que douze des estampes et peut-être une partie de quelques autres, principalement celles comportant des personnages. Les premières gravures furent exposées, sous le nom d'Oudry, en 1753, et le premier volume parut en 1755, l'année même de la mort de l'artiste. Les suivants furent retardés par la Guerre de Sept Ans et il fallut l'appui du roi pour que le dernier puisse paraître en 1760.

Sans le portrait d'Oudry, gravé par Tardieu d'après Largillière, publié au moment de la mort, à soixante-neuf ans, du peintre, qui est parfois ajouté en belle épreuve sans être du tout requis pour la complétude de l’ouvrage. Le tirage des estampes est très beau.

BIBLIOGRAPHIE : 

Cohen-de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle, 549. - Des Livres rares, BnF, 1998, n° 207 -- Gaucheron, “La Préparation et le lancement d’un livre de luxe au XVIIIe siècle”. in Arts et Métiers graphiques, 1927, pp. 77-82.

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