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Le Brise-lame
PLAQUETTE DE POÉSIE AVEC UNE DÉDICACE DU JEUNE AUTEUR, JEAN JAUSION, À JEAN-FRANÇOIS CHABRUN, TOUS DEUX MEMBRES DU GROUPE DES RÉVERBÈRES PUIS DE LA MAIN À PLUME.
JEAN JAUSION ET SA FIANCÉE ANNETTE ZELLMAN VÉCURENT L’UNE DES (NOMBREUSES) HISTOIRES TRAGIQUES DE L’OCCUPATION
ÉDITION ORIGINALE du troisième recueil de Jean Jausion
In-12 (145 x 110mm)
TIRAGE à 190 exemplaires, celui-ci l’un des 170 sur vélin blanc, numéroté 72
ILLUSTRATION : frontispice gravé par Michel Tapié
ENVOI autographe signé à l’encre bleue : “à J. F. Chabrun, en signe de réconciliation”
BROCHÉ sous sa couverture imprimée de papier gris marbré
PROVENANCE : Paul Destribats
Jean Jausion (1917-1944) et Jean-François Chabrun (1920-1997) appartiennent à ces jeunes auteurs néo-dadaïstes du groupe des Réverbères. Au début de la guerre et de l’Occupation, ils vont engendrer une nouvelle avant-garde artistique et politique, celle de La Main à plume. Jean Jausion, au-delà de ses peu nombreuses publications, rares et confidentielles, est surtout connu pour avoir été le triste héros de l’une des histoires d’amour les plus dramatiques de l’Occupation. Il était fils d’Hubert Jausion, brillant professeur de médecine.
Au printemps 1941, Jean Jausion tombe amoureux d’Annette Zelman, jolie jeune fille d’origine juive. Le couple décide de se marier le 15 mai 1942. Le 23 mai 1942, Annette Zelman est arrêtée par la police française sur ordre de la Gestapo pour le motif de “projet de mariage avec un aryen”. Elle sera assassinée à Auschwitz. Jean Jausion rompit avec sa famille et s’engagea dans la Résistance. Il écrit sur le thème de la dénonciation un roman publié posthume en 1945 chez Gallimard qui sera adapté au cinéma sous le même titre Un homme marche dans la ville. Le 6 septembre 1944, il mourut au combat dans une action quasi suicidaire. Comme il l’avait confié à Boris Vian et Simone de Beauvoir, il pressentait que la dénonciation d’Annette venait de son père, ce que confirma la publication du livre de Henri Amouroux en 1961 (La Vie des français sous l’Occupation). Le meurtre fut donc perpétré par la complicité de l’État français et d’un père de famille.
Laurent Joly, La Délation dans la France des années noires, Paris, 2012, pp. 63-69
WEBOGRAPHIE : http://paris.visites.jpkmm.free.fr/occupation/mobile/25juif.html