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LOUŸS, Pierre, et Stéphane MALLARMÉ

Les Poésies [de Stéphane Mallarmé]. Manuscrit autographe de Pierre Louÿs

[Paris, Bibliothèque nationale de France] 1890

TRÈS IMPORTANT MANUSCRIT DES POÉSIES DE MALLARMÉ CALLIGRAPHIÉ SUR PAPIER JAPON PAR PIERRE LOUŸS D'APRÈS L'ÉDITION PHOTOLITHOGRAPHIQUE DE 1887, AVEC LE CÉLÈBRE APRÈS-MIDI D’UN FAUNE ET LE FRAGMENT D’HÉRODIADE.

AVEC COMME ENVOI EXCEPTIONNEL D’UN POÈTE RENOMMÉ À UN JEUNE POÈTE : UN LONG QUATRAIN SIGNÉ DE STÉPHANE MALLARMÉ À PIERRE LOUŸS

MANUSCRIT AUTOGRAPHE DE PIERRE LOUŸS
In-4 (320 x 250mm)
COLLATION : 69 pages 46 feuillets en cahiers de 4 non coupés écrits à l'encre violette
ENVOI AUTOGRAPHE SIGNÉ de Stéphane Mallarmé à Pierre Louÿs, à l’encre noire :
Louÿs, ces vers recopiés
Ô svelte enchantement,
La Stance Fleurit et rit mieux de ses pieds
Que dans une autre circonstance.
Stéphane Mallarmé

EN FEUILLES. Couverture en vélin souple, portant sur le plat supérieur, à l’encre violette calligraphié par Pierre Louÿs : “Les Poésies de Stéphane Mallarmé”. Chemise, étui
PROVENANCE : Pierre Louÿs (sa vente ; Paris, 14 mai 1926, n° 67) -- Marc Loliée (catalogue 52, 1934, n° 304) -- invendu dans la cinquième vente Aristophil (19 juin 2018, lot 848, contre une estimation de 70.000 à 80.000 €) puis acquis dans la vente 44 d’Aristophil (Paris, 27 septembre 2021, n° 418, € 6500)

D'abord publiées en revue, Les Poésies de Stéphane Mallarmé furent rassemblées en 1887 dans une édition de luxe tirée à 87 exemplaires et reproduisant le manuscrit en photolithogravure. Pierre Louÿs alors âgé de vingt ans, informé de l'importance de Mallarmé par son ami montpellierain Paul Valéry, se rendit à la Bibliothèque nationale, qui possédait un des précieux exemplaires, et recopia les poèmes de son écriture très soignée sur des grandes pages de papier japon : "J'ai copié en trois jours à la Bibliothèque Nationale tous les vers de Mallarmé" (Journal intime, cité par Goujon).

Cette copie manuscrite représente un relai entre deux générations de poètes, celle de Mallarmé, c'est-à dire celle des premiers symbolistes et des parnassiens, et celle de Louÿs et de Valéry. La dédicace de Mallarmé semble une bénédiction du Maître pour celui qui vient de se reconnaître (selon un terme rimbaldien) poète.

Cet exemplaire de Pierre Louÿs marque l’entrée du jeune homme en poésie. Accumulant les lectures de toutes sortes au lieu d'étudier, détruisant régulièrement ses propres productions, il prend connaissance des poèmes du Maître et les fait sien, en quelque sorte, en les recopiant. Dans son Journal intime, Pierre Louÿs évoque, à la date du 24 juillet 1890, cette rencontre littéraire : “ce soir je passais vers 5 heures rue Montmartre en quête du papier impérial du japon pour copier à la B.N. les poésies de Mallarmé que, pour la première fois aujourd'hui, je venais de lire d'un bout à l'autre”.

Jour mémorable puisqu'il rencontra, par hasard, le vieux Verlaine éméché et qu'il l'entraîna dans un café. Puis, il rendit visite à Mallarmé rue de Rome qui, probablement touché par cette copie manuscrite d’un jeune poète, apposa, en tête du manuscrit, la précieuse dédicace de quatre vers. Pierre Louÿs note dans son journal intime : “Rentrée dans l’art”. À partir de ce moment, Pierre Louÿs fut souvent reçu rue de Rome, où il conduisit Paul Valéry.

La copie manuscrite de Louÿs constitue presqu'un exemplaire à part des Poésies photolithogravées de Mallarmé. Dans sa forme, elle est fidèle à l'édition de 1887 pour le texte et la mise en page - puisque Louÿs a poussé le souci jusqu'à écrire sur des feuilles de papier structurées en cahier, puis à les plier pour les conserver non coupées. Cette copie manuscrite comprend, outre les poèmes de l'édition photolithogravée, un autre poème, alors inédit, intitulé The Whirlwind, qui deviendra Billet à Whistler lors de sa publication à Londres en novembre 1890, dans une revue éphémère justement appelée The Wirlwind.

BIBLIOGRAPHIE : 

Jean-Paul Goujon, Pierre Louÿs, Paris, 2002, pp. 90 et 100 -- Stéphane Mallarmé, Vers de circonstance, Paris, 1920, p. 120 (pour l'envoi)