VERLAINE, Paul

Les Poètes maudits

Paris, Léon Vanier, 1884

L’UN DES LIVRES LES PLUS IMPORTANTS DANS L’HISTOIRE DE LA POÉSIE MONDIALE.

REMARQUABLE EXEMPLAIRE BROCHÉ.

LA REDÉCOUVERTE DE RIMBAUD

ÉDITION ORIGINALE

In-12 (183 x 118mm) 
Titre imprimé en rouge et noir
TIRAGE à 253 exemplaires tous sur vélin fin, sans grand papier 
ILLUSTRATION : portrait de chacun des trois poètes tirés sur papier de Chine
BROCHÉ, tel que paru

Infime restauration à un coin de la couverture

L’appellation de “poètes maudits” aurait pu être inspirée à Verlaine par le titre d’un poème de Baudelaire, La Sépulture d’un poète maudit, autre nom de Sépulture dans la troisième édition des Fleurs du Mal (1868). On sait que Verlaine, en 1867, fut l’un des quelques-uns à suivre le cortège funèbre de Baudelaire.

Les Poètes maudits, premier ouvrage en prose de Paul Verlaine, paraissent finalement en avril 1884. Les ventes sont un échec. La raison en est simple : “il est impossible de nommer Verlaine dans un journal”, comme le rapporte Trézenik. Après le scandale de Bruxelles (juillet 1873), l'emprisonnement et le divorce, Verlaine est persona non grata tant dans les milieux artistiques parisiens que dans les sphères bourgeoises de la capitale. Il s’est réfugié dans une ferme à Coulommes, dans les Ardennes. Ses principales connaissances sont des communards et des exilés avec lesquels, pour la plupart, il s'est aussi brouillé.

Les Poètes maudits sont de la première importance pour l'histoire de la poésie moderne : ils révélèrent Rimbaud et soulignèrent, avec un discernement sans faille, l’importance de Tristan Corbière et Stéphane Mallarmé. Ce livre porta la lumière sur les trois poètes qui, à la suite de Baudelaire, brisèrent les règles parnassiennes et précipitèrent l'avènement des symbolistes, des décadents et fondèrent la modernité. Les trois études furent d'abord publiées en livraisons dans la revue Lutèce (1883), dirigée par Trézenik, avant d’être réunies en volume par Léon Vanier. Ce sera la première collaboration entre Verlaine et son nouvel éditeur. Verlaine achève sa troisième étude en décembre 1883 mais l’Avertissement décrivant les trois portraits , n’est rédigé qu’au début de l’année 1884. Pour la première fois est diffusé - sous la forme d’une reproduction - le célèbre portrait d’Arthur Rimbaud, comme l’indique Verlaine dans l’Avertisssment : “Étienne Carjat photographiait M. Arthur Rimbaud en octobre 1871. C’est cette photographie excellente que le lecteur a sous les yeux, reproduits ainsi que celle, d’après nature aussi, de Corbière, par le procédé de la photogravure”. Rimbaud y est décrit par Verlaine comme auréolé de la “beauté du diable”. L’un des aspects essentiels du mythe de Rimbaud trouve donc son origine dès les premières pages des Poètes maudits.

Plusieurs poèmes de Rimbaud sont publiés pour la première fois dans Les Poètes maudits : Le Bateau ivre, Les Assis, Les Effarés, Les Chercheurs de poux, Oraison du soir, Voyelles. Sans oublier des extraits des Premières communions et de Paris se repeuple, ou encore un fragment, avec variante, de L’Éternité. L’étude que Verlaine consacre à Rimbaud constitue en quelque sorte la réponse du "Compagnon d'Enfer" (désignation de Verlaine par Rimbaud dans Une Saison en Enfer) à "l'Ange en exil" (désignation de Rimbaud par Verlaine dans Les Poètes maudits) :

"Nous avons eu l'honneur de connaître M. Arthur Rimbaud. Aujourd'hui des choses nous séparent de lui sans que, bien entendu, notre très profonde admiration ait jamais manqué à son génie. À l'époque relativement lointaine de notre intimité, M. Arthur Rimbaud était un enfant de seize à dix-sept ans, déjà nanti de tout le bagage poétique qu'il faudrait que le vrai public connût et que nous essaierons d'analyser en citant le plus que nous pourrons. L'homme était grand, bien bâti, presque athlétique, au visage parfaitement ovale d'ange en exil, avec des cheveux chatain-clair mal en ordre et des yeux d'un bleu pâle inquiétant."

L’étude de Verlaine finit par un appel à retrouver et éditer l’œuvre disséminée du jeune poète. Les “superbes fragments” des Illuminations étaient alors considérés comme perdus, tout comme les exemplaires d’Une saison en enfer dont Verlaine - qui en possédait un exemplaire - révélait l’existence. D’admirables formules de Verlaine émaillent ses trois portraits : “L’homme en M. Rimbaud est libre”.

BIBLIOGRAPHIE : 

Paul Verlaine, Œuvres complètes, Pléiade, 2025 (éd. Olivier Bivort), I, p. 1465 -- Clouzot, Guide du bibliophile français, p. 267

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