Lettre autographe signée adressée à Georges Gabory
GEORGES GABORY EST ICI L’INTERMÉDIAIRE AVEC ANDRÉ BRETON : APOLLINAIRE ÉVOQUE PUBLICATIONS ET COLLABORATIONS À VENIR.
“LE POÈME QUE BRETON PRÉFÈRE, CORS DE CHASSE” (GUILLAUME APOLLINAIRE)
4 pages in-12 (136 x 105mm) à l’encre noire, papier à en-tête du “Cabinet du Ministre des Colonies ”.
“Mon cher poète,
j’avais emporté avec moi un certain nombre de lettres auxquelles je n’avais pas eu le temps de répondre à Paris. Je voulais profiter de ma permission pour remplir mes devoirs épistolaires. Votre lettre est du nombre. D’autre part, il ne s’en trouve pas dans celles que j’ai emportées ici d’André Breton. Il m’a envoyé un télégramme me demandant si j’étais d’accord avec lui pour ce qu’il m’a demandé à propos de François Laya1.
Voulez-vous lui répondre de ma part qu’oui en principe, mais j’aimerais mieux que l’on prît des poèmes déjà publiés mais qui ne se trouvent que dans des livres épuisés comme Alcools et Vitam impedere amori, par exemple “Zone”, le poème qui porte une date d’année et que Breton préfère, “Cors de chasse”, deux ou trois poèmes de Vitam, plus le poème sur Gallieni qui a paru dans Nord-Sud. Cela ferait une petite anthologie qui aurait son intérêt. Il faudrait aussi savoir à combien tire Laya et ce qu’il donnerait comme droits d’auteur. Je serais d’avis de ne pas tirer à plus de mille, mais peut-être n’est-il pas question d’en tirer autant, et que nous recevions comme droits la moitié du tirage, à charge pour nous par exemple de ne pas vendre nos exemplaires avant six mois.
Dîtes à Breton que je serai à Paris vers le 25. Votre lettre m’a amusé. La tome de Guillaume Faltenin est un des plus bizarres jeux du sort que je sache et sa mort en apothéose le 14 juillet 1915 m’a profondément ému.
Je n’ai pas fait autre chose ici qu’un livret d’opéra2 et une nouvelle. Dès que j’aurai des poèmes je vous en enverrai à vous ou à Breton.
J’ai envoyé à L’Europe nouvelle, un écho où j’annonce son Mont de piété. Cela paraîtra samedi prochain.
Votre ami qui souhaite que Dieu vous [?]
Guillaume Apollinaire
1. François Laya publiait à Genève la revue L’Éventail (dix numéros, 15 octobre 1917-15 novembre 1919)
2. Casanova
Victor Martin-Schmets, Apollinaire. Correspondance générale, 3, partie 1, Paris, 2015, n° 1918, pp. 575-576 -- Laurence Campa, Guillaume Apollinaire, Paris, 2013, pp. 759 et suiv. -- Georges Gabory, Apollinaire, Max Jacob, Gide, Malraux & Cie, Paris, 1988
WEBOGRAPHIE : ouvrage de Georges Gabory : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3388640k/f13.item


