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BAUDELAIRE, Charles, et Leconte de Lisle, Banville, Barbey d’Aurevilly

Revue fantaisiste

Paris, Au bureau de la revue, passage Mirès, 1861, 15 février - 15 novembre

LA REVUE LITTÉRAIRE MYTHIQUE DE L'AVANT-GARDE LITTÉRAIRE FRANÇAISE, AVEC LES EAUX-FORTES DE BRESDIN.

LES EXEMPLAIRES BIEN COMPLETS DES TOUTES LES GRAVURES DE BRESDIN, AVEC LES COUVERTURES DE TOUTES LES LIVRAISONS ET EN RELIURES UNIFORMES DE L'ÉPOQUE SONT TRÈS RARES.

DE NOMBREUX POÈMES ET ARTICLES DE BAUDELAIRE Y FURENT PUBLIÉS POUR LA PREMIÈRE FOIS

ÉDITION ORIGINALE, complète de toutes ses livraisons et illustrations

3 volumes in-8 (220 x 157mm)

ILUSTRATION : 14 eaux-fortes originales de Rodolphe Bresdin réservées aux seuls exemplaires souscrits par abonnement

RELIURES UNIFORMES DE L’ÉPOQUE. Bradel en toile rouge, dos ornés de deux filets et d’un fleuron doré, non rognés, couvertures conservées

COLLATION [Nous indiquons en italiques les textes de Baudelaire. Ils paraissent ici en édition pré-originale] : Tome I : livraison 1 (15 février 1861) ; livraison 2 (1er mars 1861) ; livraison 3 (15 mars 1861) ; livraison 4 (1er avril 1861) ; livraison 5 (15 avril 1861) ; livraison 6 (1er mai 1861).

Tome II : livraison 7 (15 mai 1861) : Madrigal triste ; livraison 8 (1er juin 1861) ; livraison 9 (15 juin 1861) : Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains - I. Victor Hugo ; livraison 10 (1er juillet 1861) : Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains – II. Marceline Desbordes-Valmore ; livraison 11 (15 juillet 1861) : Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains - III. Auguste Barbier - IV. Théophile Gautier - V. Pétrus Borel ; livraison 12 (1er août 1861) : Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains - VII. Théodore de Banville.

Tome III : livraison 13 (15 août 1861) : Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains - VIII. Pierre Dupont ; IX. Leconte de Lisle ; livraison 14 (1er septembre 1861) ; livraison 15 (15 septembre 1861) : Peintures murales d’Eugène Delacroix ; livraison 16 (1er octobre 1861) ; livraison 17 (15 octobre 1861) : Préface des Martyrs ridicules de Léon Cladel ; livraison 18 (1er novembre 1861) : neuf poèmes en prose : Le Crépuscule du soir - La Solitude - Les Projets - L’Horloge - La Chevelure - L’Invitation au Voyage - Les Foules - Les Veuves - Le Vieux Saltimbanque  ; livraison 19 (15 novembre 1861) : Traduction de la nouvelle d’Edgar Poe, Eleonora

PROVENANCE : Paul Muret (ex-libris)

La Revue fantaisiste fut créée par Catulle Mendès et Leconte de Lisle pour rassembler les principales figures du mouvement des Parnassiens, émules de "l’art pour l'art" de Théophile Gautier. Les quatrièmes de couverture citent les noms de Baudelaire, Charles Asselineau, Hippolyte Babou, Banville, Barbey d’Aurevilly, Philoxène Boyer, Champfleury, Théophile Gautier, les Goncourt et d’autres.

Dans cette revue qui durera moins d'un an, Baudelaire publie neuf poèmes en prose parmi les plus connus qu'il ait écrit, notamment, Le Crépuscule du soir, L'Horloge, La Chevelure, L'Invitation au Voyage. Il y fait paraître aussi de nombreuses études sur ses contemporains dont Marceline Desbordes-Valmore et Edgar Poe, en révélant leur génie injustement méconnu (Verlaine fera de même avec Les Poètes maudits, 1884). Ces études s'imposent comme de véritables manifestes poétiques : les véritables poètes ne sont pas forcément ceux qui sont acclamés (voir à l'inverse l'étude corrosive de Baudelaire sur Victor Hugo dans cette même revue), mais d'autres, laissés dans l'ombre d'un siècle et d'une société qui ne leur conviennent pas. La Revue fantaisiste crée en quelque sorte une ligne de partage entre deux sortes de poètes. Il se trouve que la grande majorité de ceux dont elle publie les textes sont aussi publiés par Poulet-Malassis, l'éditeur de l'avant-garde.

Vingt-cinq ans plus tard, une autre revue, La Vogue, conduite par une nouvelle génération viendra clore cette modernité amorcée et revendiquée par la Revue fantaisiste. La modernité poétique de la fin du XIXe siècle français s'insère entre ces deux revues. Chacune d'elle tient autour d'une figure centrale : Baudelaire d'un côté, Rimbaud (qui qualifiait Baudelaire de “vrai dieu”) de l'autre. Entre les deux parut le premier Parnasse contemporain (1866) d’Alphonse Lemerre, publiant les derniers vers de Baudelaire et les premiers de Verlaine et Mallarmé

La quatrième de couverture de chaque numéro de la revue indique que "chaque livraison contient une magnifique eau-forte par Rodolphe Bresdin". Baudelaire répondit à Léon Cladel qui lui demandait le nom de ce curieux personnage : "il n’en a pas encore un et pourtant il a gravé deux œuvres, Le Bon Samaritain et La Comédie de la Mort, que, s’il ressuscitait, Holbein ne désavouerait point. À défaut de talent, il a du génie" (Léon Cladel, Raca, 1888, p. 277). C’est Baudelaire qui obtint ce contrat pour le graveur auprès de Théophile Gautier. Sa collaboration devait s’interrompre un mois avant la disparition de la revue. En tout, quatorze eaux-fortes originales seront publiées dans la Revue fantaisiste.

Un tel exemplaire en reliure uniforme de l'époque et bien complet des couvertures et de toutes les gravures est remarquable.

BIBLIOGRAPHIE : 

Rodolphe Bresdin. Catalogue raisonné de l’œuvre gravé. Volume II, pp. 45-83. Dirck Van Gelder, Chêne, 1976 -- François Fossier, Rodolphe Bresdin (1822-1885), un graveur solitaire. Les dossiers du musée d'Orsay, Réunion des musées nationaux, 1990 -- E. Graham, Passages d’encre, Échanges littéraires dans la bibliothèque Jean Bonna, Paris, 2008