Tranchman’ Echo. Journal mondain paraissant à chaque cuite du Rédacteur. N° 3. Tout particulièrement visé par la censure
L’INCUNABLE DE LA CASE D’ARMONS, AUJOURD’HUI CONNU À DEUX EXEMPLAIRES, CELUI-CI ET CELUI DE LA BNF
Un feuillet réglé (310 x 195mm) imprimé recto verso à l'encre bleue par procédé de gélatine
PROVENANCE : archives de René Berthier (Paris, 3 juin 2009, lot 69)
Apollinaire imprima avec ses deux camarades, les maréchaux des logis Julien Bodard et René Berthier, les exemplaires de Case d’Armons avec la même machine anglaise ronéo, servant habituellement à imprimer le Tranchman’ Echo, journal de la 45e batterie du 38e régiment d’artillerie auquel il appartenait :
“Apollinaire avait eu l’idée d’utiliser le duplicateur stencil qui servait à l’impression des papiers militaires. Dans de nombreux régiments, les officiers permettaient aux soldats d’imprimer de la sorte leurs journaux de tranchées, anthologies poétiques et recueils de chansons ; grâce à ce petit privilège, qui soutenait le moral des troupes et renforçait leur cohésion, les unités possédaient leur propre périodique, L’Artilleur déchaîné, Le Cri du poilu, Le Rire aux éclats, Poil et plume... La 45e batterie avait baptisé le sien Le Tranchman’ Echo, en l’honneur de l’allié britannique.” (Laurence Campa, p. 570)
L’impression du Tranchman’ Echo précède non seulement celle de Case d’Armons mais en permit la réalisation. Le matériel avait été mis à la disposition des poilus pour leur journal. Ils avaient donc obtenu une imprimerie portative et appris son maniement correct en l’utilisant pour leur journal de tranchée ; Tranchman’ Echo devenait ainsi le prototype d’un projet plus ambitieux auquel réfléchissait Apollinaire, et qui serait l’impression d’un recueil de poèmes. Il saisit donc cette occasion inouïe d’avoir un tel matériel à sa portée :
“Dans la première quinzaine de juin, Apollinaire reçut l’autorisation d’utiliser le duplicateur à condition de verser son bénéfice aux nécessiteux de la batterie, blessés et canonniers des régions envahies. Bodard, en bon camarade, et Berthier, revenu guéri, l’aidèrent à composer son recueil sur de frustes feuilles de papier paraffiné, qui libéraient les vers des rigidités de la casse. Le premier s’adonna aux enjolivures dont il avait le goût, le second à l’élégance de la calligraphie régulière ; Apollinaire lui-même varia son écriture, la disposition typographique et ajouta des dessins” (ibid.)
“Les nos 1 et 2 du Tranchman’ Echo, manuscrits en un seul exemplaire, n'existent plus ; le n ° 3 est multigraphié” (notice de la Bibliothèque nationale de France). L’aventure de ces trois numéros du Tranchman’ Echo a été relatée par Apollinaire lui-même dans Petites merveilles de la guerre (voir lot précédent).
Le seul autre exemplaire aujourd’hui connu du Tranchman’ Echo est conservé à la Bibliothèque nationale de France. Cet exemplaire est le seul aujourd’hui connu conservé en mains privées.
Laurence Campa, Guillaume Apollinaire, Paris, 2013, p. 570
WEBOGRAPHIE : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32879583j/date


