Lettres de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, à Madame la comtesse de Grignan, sa fille
SYMPATHIQUE EXEMPLAIRE EN VEAU PORPHYRE DE L’ÉPOQUE.
IL NE DEMANDE QU’À ÊTRE RELU PAR LE VISITEUR ATTENTIF DE L’EXPOSITION DE CARNAVALET QUI FÊTE LE QUATRIÈME CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE LA MARQUISE
Réimpression exacte de la deuxième édition, celle de Rouen, parue la même année
2 volumes in-12 (162 x 92mm). Titres imprimés en rouge et noir, un fleuron différent sur chaque page de titre comme pour l’exemplaire Rochebilière, bandeaux et lettrines
COLLATION : (vol. I) : 2 ff. (le premier blanc) et 271 pp. ; (vol. II) : 2 ff. (le premier blanc) et 230 pp.
RELIURES DE L’ÉPOQUE. Veau porphyre légèrement glacé, encadrement d’un filet gras autour des plats, dos à nerfs dorés, tranches rouges
Les premières lettres furent publiées en 1697, après la mort de la marquise en 1693. Ce sont celles adressées par la marquise au cousin chéri, Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), cinq mois après sa mort en 1696, d’abord dans les Mémoires de messire Roger de Rabutin, comte de Bussy, puis, au début de 1697, dans Les Lettres de messire Roger de Rabutin, comte de Bussy, en quatre volumes (Paris, 1697-1698). Trois éditions furtives et pirates, c’est-à-dire faites sur des copies sans l’autorisation des descendants de la marquise, publient quelques-unes de ses lettres à sa fille. Vingt-huit lettres et extraits lacunaires voient le jour à Troyes en 1725 : Lettres choisies de Mme la marquise de Sévigné à Mme de Grignan. Édition dite d’essai dont il ne subsiste qu’une poignée d’exemplaires. Une “seconde édition originale” en cent trente-quatre lettres est publiée à Rouen en 1726 par Nicolas-Claude Thiriot (1697-1772), ami et correspondant de Voltaire. Il s’agit ici d’une réimpression à l’identique de l’édition de Rouen. La même année 1726 se trouvent publiés à La Haye deux volumes contenant cent soixante-dix-sept lettres de la marquise de Sévigné à sa fille, soit trente-neuf lettres de plus que la précédente. Toutes ces micro éditions sont importantes car elles présentent une langue savoureuse et véritable, avant les émondements de style et de pensées auxquels la marquise de Simiane et Perrin vont procéder, masquant le jansénisme pourtant assez tempéré de la marquise. Sa prose, dans ces éditions non officielles, est dénuée de censure morale. Mais, malgré ses transformations du texte, l’édition du chevalier de Perrin n’en ouvrira pas moins en grand la porte de la gloire à l’épistolière, qui deviendra ainsi l’un des incontournables chefs-d’œuvre de la littérature française.
Les éditions dites “du chevalier de Perrin” des Lettres de madame de Sévigné paraîtront en deux blocs : celui de 1734-1737 (ou avec titre de relais de 1735 pour 1734) et celui de 1754. Ce sont des éditions officielles constituées par Perrin à l’instigation de Pauline de Grignan (1674-1737), marquise de Simiane, petite-fille de la marquise des Rochers. La première édition proposera 614 lettres, toutes adressées à Madame de Grignan ; la seconde en ajoutera d’autres, adressées aux correspondants extérieurs, pour atteindre un total de 772 lettres. On est de toutes façons loin des 1373 lettres aujourd’hui connues, remarquablement publiées par Roger Duchêne dans l’édition de la Pléiade à partir du manuscrit Capmas redécouvert en 1873, grâce aux multiples recoupements des multiples versions auxquels l’éditeur sut procéder.
A. Tchemerzine, Bibliographie d’éditions originales et rares d'auteurs français, V, p. 820.1
