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[VAUGELAS, Claude Favre, seigneur de].

Remarques sur la Langue françoise utiles à ceux qui veulent bien parler et bien escrire

Paris, veuve Jean Camusat et Pierre Le Petit, 1647

UN ÉVÉNEMENT DANS L’HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE. PREMIÈRE GRAMMAIRE DU FRANÇAIS CLASSIQUE.

EXEMPLAIRE RELIÉ À L’ÉPOQUE EN VÉLIN, AYANT APPARTENU AU MARQUIS DE CHOUPPES

ÉDITION ORIGINALE parue sans nom d’auteur. Premier état, avec l’erreur de pagination à partir de la page 256

In-4 (227 x 169mm)
Marque typographique sur la page de titre, bandeaux, initiales et culs-de-lampe gravés sur bois
COLLATION : *4 πa-u42a2 A-Z42A-Z43A-Z44A-H4 (privilège en π)
ILLUSTRATION : frontispice gravé d’après et par François Chauveau

RELIURE DE L’ÉPOQUE. Vélin ivoire souple, dos long avec titre à l’encre
PROVENANCE : Charles-René-Marie de Chouppes (1677-1752). Ex-libris manuscrit “de Chouppes” avec l’année “1697” surmonté d’un cachet de cire noire aux armes des marquis de Chouppes (Poitou) sur la page de titre, devise à l’encre en pied de la page de titre “semper in arena”

Légères mouillures sur la page de titre, petite tache à la page 100, cahier 3O très légèrement bruni

Vaugelas fut reçu par la Compagnie à la fin de l’année 1634, qui s’occupait alors du premier Dictionnaire. Grâce à ses talents de grammairiens, Richelieu lui en confia la direction dès 1639. Au même moment, il entreprit la rédaction de ses Remarques sur la langue française, auxquelles il travaillait déjà. Son ouvrage se mêle au dessein de la toute jeune Académie française : “travailler à la pureté de notre langue et la rendre capable de la plus haute éloquence”. En publiant, tardivement, cette première grammaire du français classique, dont l’autorité fut immédiate et la postérité remarquable, Vaugelas cherchait avant tout à déterminer et à normaliser le “bon usage” de la langue, à partir de celle employée à la cour et par l’élite, tout en relevant les transformations linguistiques, sans pour autant s’y opposer.

Loin d’édifier une grammaire “raisonnée”, Vaugelas donne à voir, selon lui : “façon de parler de la plus saine partie de la Cour, conformément à la façon d’escrire de la plus saine partie des Autheurs du temps” (extrait de la préface), d’où il ressort une certaine norme aristocratique et centralisatrice unifiant le pays autour d’une même langue. Ce qui ne manqua pas de lui attirer les foudres de quelques puristes, celles de Scipion Dupleix, François de La Mothe Le Vayer, Guy Patin ou encore Gabriel Naudé, tous attachés à l’ancienne langue et à ses diversités. Il reste que les seize éditions de l’ouvrage entre 1651 et 1678 témoignent de son succès. Selon le mot de Molière, “Parler Vaugelas” revint à s’exprimer correctement.

Les Remarques sont naturellement dédiées au chancelier Pierre Séguier (1588-1672), devenu le protecteur de l’Académie française après la mort de Richelieu en 1642. L’exemplaire de dédicace, aux armes et au chiffre de Séguier, se trouve aujourd’hui conservé à la bibliothèque de la Sorbonne ; il est relié en maroquin rouge avec un décor à la Du Seuil. Tchemerzine ne cite qu’un seul exemplaire en vélin ancien, celui d’Hector de Backer (1926, 2.100 frs). On recense également deux exemplaire reliés en vélin de l’époque : celui de la collection de Henri Burton ainsi que l’exemplaire Furstenberg.

Charles-René-Marie de Chouppes (1677-1752) fut capitaine de la ville de Saint-Martin-de-Ré. Émancipé par son père en 1699, il servit comme lieutenant de la compagnie colonelle au régiment d'infanterie de la Vieuville, au sein de laquelle il deviendra capitaine en 1707. Son grand-oncle, Aymar de Chouppes (1612-1677), lieutenant-général des armées du roi et du Roussillon, gouverneur de Belle-Isle, laissa des Mémoires qui ne seront publiés qu’en 1753 par François-Joachim Duport du Tertre.

BIBLIOGRAPHIE : 

A. Tchemerzine, Bibliographie des éditions originales et rares d'auteurs français, V, 948 -- A.-A. Barbier, Paris, Dictionnaire des ouvrages anonymes, IV, 254 -- En français dans le texte, Paris, n° 93 -- Bibliothèque de la Sorbonne, 1991, n° 81