Vendu
VIVIEN, Renée

Sapho. Traduction nouvelle avec le texte grec

Paris, Alphonse Lemerre, 1903

REMARQUABLE ENVOI À COLETTE, ENCORE PEU CONNUE DE RENÉE VIVIEN

ÉDITION ORIGINALE

In-12 (182 x 124 mm)
COLLATION : (3) ff., XII-146 pp., (2) ff.

ENVOI autographe :

A Madame Gauthier-Villars
avec les compliments
de l’auteur

RELIURE vers 1920. Dos à la bradel et coins de papier grené violet, plats de couverture conservés
PROVENANCE : Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954 ; envoi)

Dos fané, quelques petites usures

Lorsque Renée Vivien (1877-1909) fit cet envoi à Colette (1873-1954), les deux ne se connaissaient pas encore. Colette était encore mariée à Henry Gauthier-Villars, dit Willy (1859-1931). Elles se rencontrèrent dans les milieux du “Paris-Lesbos”, particulièrement dans l’entourage de Natalie Clifford Barney (1876-1972), avec qui Vivien entretenait une relation intense. Après la rupture de Vivien et Barney en 1903, Colette continua de fréquenter Vivien. Colette séjourna à plusieurs reprises chez Vivien dans sa villa niçoise, d’abord avec Willy, puis avec Mathilde de Morny, dite Missy (1863-1944). Il apparaît que Vivien s’éprit un court temps de Colette, mais cette dernière refusa, ce qui fâcha Vivien. Colette était surtout gênée par le côté excessif de la “muse des violettes”.

Colette évoquera le souvenir de Renée Vivien plusieurs fois, dans Ces Plaisirs (1932), mais surtout dans Le Pur et l’Impur (1941), sorte d’essai sur l’amour et la sexualité, puisant dans ses propres expériences hétérosexuelles et homosexuelles. Colette conserve une admiration quelque peu réservée pour l’œuvre de la poétesse, une certaine tendresse mais mêlée d’incompréhension à l’égard de son ancienne amie. Elle insiste davantage sur la déchéance de Vivien et ses divers manquements à leur amitié, en décrivant une “jeune fille éthérée, perdue dans l’alcool et les hallucinations” (M. Perrin), en proie à une frénésie autodestructrice, qui dominait aussi ses aventures saphiques.

“Le hasard m’a épargné la vue de Renée mourante, puis morte. Elle emporta plus d’un secret, et sous son voile violet Renée Vivien, le poète, emmena — col ceint de pierres de lune, de béryls, d’aigues-marines et autres joyaux anémiques — l’immodeste enfant, la petite fille intempérante qui m’enseignait, avec une compétence désinvolte : « Il y a moins de manières de faire l’amour qu’on ne dit, mais plus qu’on ne croit… »” (Colette, Le Pur et l’Impur).

BIBLIOGRAPHIE : 

Colette, Le Pur et l’Impur, Paris, 1941 -- M. Perrin, Renée Vivien, le corps exsangue. De l’anorexie mentale à la création littéraire, Paris, 2003, p. 20 -- G. Barbe, La Pure et l’impure. Renée Vivien déroute Colette, Lille, 2024

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