La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, Comédie en cinq Actes, et en Prose... Représentée pour la première fois par les Comédiens Français ordinaires du Roi, le Mardi 27 Avril 1784
UNE PIÈCE DE THÉÂTRE GÉNIALE QUI CHANGEA LE COURS DE L’HISTOIRE : FIGARO.
EXEMPLAIRE AUQUEL A ÉTÉ AJOUTÉ UN DESSIN ORIGINAL DE JOSEPH DE SAINT-QUENTIN POUR L’ACTE II.
PMM 230
ÉDITION ORIGINALE
In-8 (206 x 129 mm). Conforme aux remarques de Tchemerzine, avec la faute au titre courant de la p. 109 et l’achevé d’imprimer à la date du 28 février 1785
COLLATION : π2 a-c8 d6 A-P8 (manque π1, sans P8 blanc) : (1) f., lvi-237 pp.
CONTENU : π2r : titre ; a1r : préface ; d2r : Caractères et habillemens de la pièce ; d4v : approbation ; A1r : texte ; P7r : approbations et achevé d’imprimer
ILLUSTRATION : 5 eaux-fortes d’après les dessins de Jacques Philippe Joseph de Saint-Quentin, dont 4 gravées par Claude-Nicolas Malapeau et 1 par Roi. Les gravures ont été renmargées
ILLUSTRATION ORIGINALE AJOUTÉE : 1 DESSIN ORIGINAL de Jacques Philippe Joseph de Saint-Quentin monté en tête, crayon sur papier (145 x 97 mm). Il s’agit du dessin de l’acte II, mis au carreau et dans le même sens que la gravure
RELIURE pastiche vers 1900. Maroquin havane, décor mosaïqué de veau fauve et rouge, grand et large décor doré, filets et roulette en encadrement, dos long orné et doré de même, tranches dorées, nombreux témoins
À la suite de la lecture d’un manuscrit du Mariage de Figaro devant son proche entourage, Louis XVI aurait déclaré : “cela est détestable et ne sera jamais joué”. Mais Paris et la Cour aimaient l’esprit. D’autres lectures convainquirent l’opinion et le Roi laissa faire. On se répétait les mots d’esprit si fameux de la pièce : “il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits”. La pièce fut d’abord jouée à titre privé au château de Gennevilliers devant le comte d’Artois, le 18 septembre 1784, avec permission du Roi, devant trois cents personnes. On la rejoua ensuite selon certaines sources à Belœil chez le Prince de Ligne et au château de Dynassowski chez le Prince de Nassau-Siegen, près de Varsovie. Beaumarchais, soumettant sa pièce à de nombreux censeurs, la lut même chez le redoutable baron de Breteuil, ministre de la maison du Roi, qui l’approuva. Le Roi donna son bon pour jouer.
La première du Mariage de Figaro eut lieu à la Comédie Française le 27 avril 1784 dans les circonstances que l’on connaît. Il y eut soixante-treize représentations consécutives. Les registres officiels de la Comédie Française mentionnent soixante-sept représentations en 1784, treize chacune des deux années suivantes, quatre-vingt-cinq de 1787 à 1790.
La comédie fut pour la première fois imprimée dans les premiers mois de 1785. Dans sa préface Beaumarchais malmène l’influent académicien Jean-Baptiste Suard. Il faut dire que Suard, censeur royal soutenu par le comte de Provence et par le Garde des Sceaux Miromesnil, s’était déchaîné contre la pièce. Beaumarchais avait été brièvement emprisonné. Le baron de Breteuil, en janvier 1785, s’était opposé à la diffusion de cette première édition imprimée chez Ph.-D. Pierres pour le compte de Ruault, en raison même de cette préface.
“Représenté après trois ans de rédaction et trois autres consacrés à des combats contre la censure (1778-1784), le Mariage de Figaro fut un des triomphes du siècle. Avec son chef-d’œuvre, Beaumarchais a inventé une dramaturgie nouvelle que d’aucuns jugeront pré-brechtienne, où l'affrontement violent du maître et du valet se pose en termes de loi, de territoire, de droit à la parole ; mais où également, à l’excès de langage des formules-slogans toujours célèbres, répond la sous-conversation de la relation amoureuse. L'édition du texte, accompagné d’une Préface rédigée après coup, donna lieu à une seconde bataille. La pièce, après d’innombrables contrefaçons et piratages, fut imprimée presque simultanément à Paris, et à Kehl chez l’auteur. La mise en vente fut autorisée début avril 1785” (En français dans le texte)
Printing and the Mind of Man, n° 230 -- En français dans le texte n° 178, notice de Jean-Pierre de Beaumarchais -- J.-C. Brunet, Manuel du libraire, I, col. 719-720 -- H. Cordier, Bibliographie de Beaumarchais, 1883, n° 128, pp. 31-32 -- H. Cohen et S. de Ricci, Guide de l’amateur de livres à gravures du XVIIIe siècle français, col. 124-125 -- A. Tchemerzine, Bibliographie des éditions originales et rares d'auteurs, I, pp. 491-492



