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Bibliothèque Tissot-Dupont

Vente aux enchères les 18 et 19 octobre 2016, à Paris

Une certaine nostalgie imprégnera sans doute ces deux jours de vente chez Piasa. Disperser aux quatre vents du marché les livres d’André Tissot-Dupont et de son père Lucien n’ira pas sans évoquer, en effet, pour sa famille comme pour de nombreux libraires et experts parisiens, des souvenirs d’amitiés, de rencontres, et de conversations bibliophiliques sans fin dont il était si friand.

Pendant plus d’un demi-siècle, Lucien Tissot-Dupont, puis surtout, car plus proche de nous, André Tissot-Dupont, parcoururent les librairies parisiennes, interrogeant sans cesse Maurice Chalvet ou Claude Guérin (dont on verra la « patte » sur certains beaux exemplaires de cette vente), ou tant d’autres professionnels encore. André Tissot-Dupont fréquentait aussi les libraires anglais ou américains. Il fallait l’entendre parler de ses rencontres au Ritz avec Bernard Breslauer ou à New York avec John Fleming. On le croisait aussi dans les salles de vente, à Drouot ou à Monaco, toujours à l’affût d’un bon mot ou d’un échange passionné. Les visites avenue du Maréchal-Lyautey permettaient de découvrir le sanctuaire : cette magnifique bibliothèque de citronnier, l’une des plus réussies que nous ayons vues, dont la photographie, tel un frontispice, marque l’ouverture de ce catalogue.

Les piles de catalogues de libraires ou de maisons de ventes, lus, annotés, découpés, montraient bien sûr que d’autres que nous avaient déjà eu la chance de lever leur coupe de champagne à l’exemplaire de la Caricature de l’ancienne collection Bordes, au précieux exemplaire Edmée Maus du Rommant de la rose de 1487, à l’Agenda 1838 d’Alfred de Vigny qui lui arrachait un petit sourire gaulois, à l’extraordinaire Journal de Cléry narrant la descente aux Enfers de Louis XVI, dont la force dramatique et cruelle fait encore trembler son lecteur, quelles que soient ses opinions. Ces livres si parlants semblaient là pour toujours. La vie – ou plutôt la mort – en a décidé autrement. Certains avaient trouvé leur envol quelques années auparavant déjà, comme cette mythique Encyclopédie « pomme verte » à tranches dorées qui pour longtemps encore sera l'orgueil de la librairie parisienne.

Ici, ce sont six cents numéros classés suivant l'ordre de l'alphabet qui sont offerts aux amateurs. Certains sont d’un charmant goût légèrement suranné, d’autres très à la mode. Tous ces livres ont été choisis, qu’ils trouvent maintenant de nouvelles mains.

Jean-Baptiste de Proyart