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Correspondance de François Mitterrand à Catherine Langeais (1938-1942)

Vente aux enchères le jeudi 25 Novembre 2021 à 14h30, à Paris

PIASA, Frédéric Chambre son directeur général, et Jean-Baptiste de Proyart, libraire expert, ont l’honneur de présenter en vente aux enchères la correspondance amoureuse de François Mitterrand (1916- 1995) à Marie-Louise Terrasse, connue sous le nom de Catherine Langeais (1923-1998), femme remarquable, journaliste célèbre des premières décennies de la télévision française.

Présentation

Ni l’un ni l’autre ne sont à présenter. Leur amour passionné et dramatique de 1938 à 1942 était connu, sa réalité manuscrite et matérielle n’existait pas, jusqu’à aujourd’hui.

Ces 330 lettres autographes de François Mitterrand à Catherine Langeais marquent, en une intimité amoureuse et historique presque sans égale, les longues étapes personnelles et hebdomadaires de l’un des moments les plus sombres de l’histoire de France. François Mitterrand, de sept ans plus âgé que Catherine Langeais, l’a aimée d’un amour absolu, passant d’épreuves en épreuves. Ses lettres en sont à chaque fois le témoin. Catherine Langeais a aimé François Mitterrand. Ils se sont rencontrés au bal de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm le 22 janvier 1938. Leur premier baiser date du 5 mai 1938 échangé sur un banc du Luxembourg, baiser rappelé régulièrement dans des lettres anniversaires comme celle du 3 mai 1940. Ils se sont fiancés officiellement le 3 mars 1940 après un éloignement entre février et décembre 1939. Mais François Mitterrand a compris dès décembre 1939 que l’éloignement des mois de février 1939 à décembre 1939 avait été marqué par un désaccord amoureux.

Puis, la « drôle de guerre », la Campagne de France et l’emprisonnement en Allemagne pour François Mitterrand rendront leur amour impossible, créant ainsi un drame amoureux dont les dernières lettres portent la triste marque.

On peut classer ces 330 lettres en différentes périodes :

  1. Celles de la rencontre  : de la première lettre connue datée du 28 mai 1938 à celle du 2 novembre 1938, soit 37 lettres. Elles sont pour leur plus grande part écrites depuis le 104 rue de Vaugirard, ou, pour quelques-unes, durant l’été 1938, depuis Jarnac.
  2. Celles du service militaire que François Mitterrand effectue au fort d’Ivry : du 4 novembre 1938 au 1er septembre 1939, jour de sa mobilisation et dernière lettre d’Ivry. Soit 77 lettres.
  3. Celles de la « drôle de guerre » : François Mitterrand tient une position en Alsace puis à l’extrême pointe ouest de la ligne Maginot du 10 septembre 1939 au 9 mai 1940, dans le 23e Régiment d’Infanterie coloniale. Ces lettres sont marquées par les fiançailles de mars 1940. Mais François Mitterrand a compris dès décembre 1939 que l’éloignement des mois de février à décembre 1939 avait été marqué par un désaccord amoureux. Soit 92 lettres.
  4. Les lettres remarquables de la Campagne de France : du 10 mai 1940 (« je pars sur nos positions de combat ») à la courte lettre du 11 juin 1940 (« je dois arrêter cette lettre brusquement »). Soit 31 lettres.
  5. La période de Lunéville. François Mitterrand est blessé devant Verdun le 14 juin 1940, jour de l’entrée des Allemands dans Paris. Jusqu’au 29 juin, aucune lettre ne subsiste et sans doute n’a-t-il rien écrit. Du 29 juin au 6 août 1940, date de son départ pour l’Allemagne (« je pars pour l’Allemagne. Tu imagines ma tristesse »), François Mitterrand écrit les lettres qui font le récit de ses combats, de sa blessure (« J’ai été blessé devant Verdun le 14, dans la matinée » écrit-il le 29 juin), et du moment où il est fait prisonnier (« cette captivité ne sera pas éternelle ! Je reviendrai pour t’aimer », le 30 juin). Soit 15 lettres.
  6. La période des lettres des Stalags. La première lettre, celle du 16 août 1940, est écrite depuis le Stalag IX A, en Hesse : « la vie n’est pas finie parce qu’elle s’arrête maintenant ». François Mitterrand va connaître la vie du camp, donner des cours de littérature à ses camarades et découvrir son talent politique d’abord au Stalag IX C, au fond de la Thuringe, puis à partir d’avril 1941 au Stalag IX A, dans la Hesse, qui retenait plusieurs dizaines de milliers de prisonniers.

Il continue d’aimer Catherine Langeais et fait pour la rejoindre deux tentatives d’évasion parcourant de nuit, lors de la première, plus 600 kilomètres à pied en Allemagne. Il annonce ses tentatives à Catherine Langeais en parlant de lui sous le pseudonyme de « Fatoune ». Il s’évade à chaque fois pour la retrouver, ayant progressivement compris que son amour était perdu mais pensant qu’une ultime rencontre pourrait le sauver. La dernière lettre date du 3 décembre 1941 (« Fatoune a échoué à son deuxième examen de sortie du conservatoire »). François Mitterrand l’écrit d’un Stalag de Moselle après l’échec de sa deuxième tentative et peu de jours avant la troisième, qui sera la bonne, évitant ainsi l’envoi en Pologne qui lui était réservé. Soit 77 lettres des Stalags.

Parfois à sens unique, mais le plus souvent mutuelles – puisque la voix de l’amoureuse s’entend au long de ces lignes, et malgré l’issue tragique de la séparation définitive de 1942, ces lettres de François Mitterrand, fou d’amour, mad by love comme écrivait Stendhal qu’il aimait tant, montrent comment il a pu surmonter les épreuves de la vie. En dépit de la blessure amoureuse de la fin de 1939, il transforme leur amour en un projet de mariage, concrétisé par des fiançailles (3 mars 1940). Pour Catherine Langeais, il vivra dans son sang la blessure physique de juin 1940 puisqu’elle l’écarte encore davantage de sa fiancée. Pour la rejoindre et pour ne plus dépérir, il aura fait trois tentatives d’évasion entre 1941 et 1942. La dernière fut couronnée de succès. Durant ce temps des camps de prisonniers, François Mitterrand aura aussi su organiser la vie littéraire et intellectuelle de dizaines de milliers de soldats français, par sa culture et par sa plume, découvrant son propre talent, formant sa conscience politique et s’ouvrant à d’autres conditions sociales que la sienne.

Aucune réponse de Catherine Langeais n’est aujourd’hui connue ou publiée. Le soldat François Mitterrand, blessé en juin 1940, perdit une partie de cette correspondance dans une embuscade comme le raconte la lettre du 18 mai 1940, septième lettre de la Campagne de France. Catherine Langeais, après la mort de son mari Pierre Sabbagh (1918-1994), autre géant de la télévision, et sans doute marquée par le chagrin du deuil, a perdu ces lettres de François Mitterrand voulant faire des travaux dans son appartement. Elles ont été retrouvées par un brocanteur qui les a conservées jusqu’à présent, et qui les met aujourd’hui en vente avec l’accord des héritiers de Marie-Louise Terrasse.

Ces lettres de François Mitterrand sont la plupart du temps longues et parfois dramatiques et, à la fin, tragiques. Toutes, ligne à ligne, témoignent d’un amour passionné, formulé dans la plus belle langue française qu’on puisse imaginer.

Lorsqu’il est au front en juin 1940, ou dans les Stalags allemands, chacune d’entre elles pourrait être comparée aux très célèbres lettres de Bonaparte à Joséphine. Ce catalogue n’est qu’une simple transcription. Nous n’avons voulu porter aucun commentaire et ne donnons ici et là qu’un simple éclairage ponctuel. La prévalence infinie de l’amour et de la fidélité en amitié se déduisent de chacune de ces lettres. L’ambition amoureuse et le courage patriotique du soldat blessé, et évadé, sont ici révélés – quoi de plus beau.

Lots

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