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VOGÜÉ, Melchior, comte puis marquis de

Le Temple de Jérusalem. Monographie du Haram-Ech-Chérif suivie d'un essai sur la topographie de la Ville-Sainte

Paris, Noblet & Baudry, 1864

RARE ET IMPORTANT OUVRAGE SUR LE TEMPLE DE JÉRUSALEM ET LA MOSQUÉE D’AL-AQSA : UN NOUVEAU CHAMP DE LECTURES SUR LES GRANDS MONUMENTS SPIRITUELS DES TROIS RELIGIONS MONOTHÉISTES

ÉDITION ORIGINALE

In-folio (443 x 320mm)
COLLATION : [2 ff.], II-VIII pp., 2-142 pp., [3 ff. : blanc, faux-titre pour les planches et table des planches], 
ILLUSTRATION : 57 figures imprimées dans le texte et 37 PLANCHES HORS-TEXTE, dont 3 imprimées à double page (2 cartes), d'après les dessins de Melchior de Vogüé et de l'architecte Edmond Duthoit, parmi lesquelles 11 planches magnifiquement imprimées en couleurs représentent les détails architecturaux de la Mosquée d'Omar et de superbes vitraux
RELIURE DE L’ÉPOQUE. Dos et coins de maroquin rouge, dos à nerfs, tête dorée
PROVENANCE : bibliothèque des marquis de Nicolaÿ

Quelques très minimes et très pâles rousseurs occasionnelles. Quelques éraflures à la reliure aisément restaurables

L’archéologue et linguiste Melchior de Vogüé (1829-1916) livre ici le fruit de ses recherches sur la colline sacrée de Jérusalem. Le 12 juin 1862, il entre pour la seconde fois dans la ville sainte. Car il s’agit bien de recherches au sens où l’archéologie positiviste, dont il est un disciple à la suite d’Ernest Renan et de sa Mission de Phénicie (1864-1874), recueille des faits tendant à confirmer une théorie. Avec Vogüé, l’archéologie devient une expérience. Il est accompagné par William H. Waddington, par le jeune architecte Edmond Duthoit et par Henri Sauvaire (1831-1896), consul de France à Beyrouth et photographe dont les œuvres sont aujourd’hui conservées au Musée d’Orsay. Ce livre est ainsi le companion volume de la Syrie centrale (1865-1877) : il en réunit la même équipe de “compositeurs”.

En 1862, cela ne fait “que depuis six ou sept ans” que l’entrée du Haram est ouverte aux Occidentaux ; la victoire des Anglais et des Français en Crimée leur ayant attiré la sympathie des Turcs. Vogüé s’en ménage l’accès grâce à l’aide d’Edmond de Barrère (1819-1890), consul de France à Jérusalem. Duthoit, Barrère, Waddington, Sauvaire et Vogüé étudient alors pierre à pierre les ruines des édifices placés au centre des croyances des grandes religions du livre. Ils confrontent les textes à la réalité de leurs découvertes en donnant priorité aux dernières : “j’ai donc accordé peu de place à ce que les Allemands appellent la litteratur (...) c’est-à-dire à l’exposition et à la discussion des opinions qui ont été exprimées jusqu’à présent”, ou encore, ailleurs dans sa Préface : “c’est de nos jours seulement que l’archéologie a trouvé sa véritable voie, qu’elle a placé l’étude intrinsèque des monuments à côté de celle des livres”.

La triangulation et l’établissement d’une cartographie précise, reproduite ici, accompagnent les relevés détaillés et souvent illustrés en couleurs des œuvres qu’ils retrouvent : pierres, structures des maçonneries, parois, sculptures des pilastres, coupoles, vitraux et chapiteaux, rien ne leur échappe. Ils découvrent les restes de décors récemment disparus comme ils conservent, par leur reproduction dans ce livre, des éléments qui disparaîtront bientôt, rendant cet ouvrage monumental indispensable à ceux qui entendent connaître des édifices parmi les plus importants dans l’histoire de l’humanité, du temple de Salomon aux mosquées d’Omar et d’al-Aqsa. Le texte se révèle d’ailleurs toujours impartial, ne prenant aucun parti dans un quelconque discours sur la vérité de l’une des religions, comme en témoigne le passionnant récit de l’“histoire du temple de Jérusalem”, au chapitre II de l’ouvrage.

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